Diagnostic bipolaire : Du coup de massue au soulagement

Le diagnostic bipolaire est complexe et dur à accepter. Il fait pourtant partie de la première étape pour être stable. 

Par Julien Duplouy

Pendant des années, l’errance médicale, quand ce n’est pas l’ignorance de la problématique, peut détruire et devenir très douloureux.

L’humeur fait alors le yoyo entre les hauts et les bas sans que l’on sache réellement de quoi il en retourne.

Tantôt il est alors possible de pleurer de tristesse pour une broutille, tantôt il est possible de s’émerveillé pour pas grand-chose de plus.

Mais bien souvent, le diagnostic de bipolarité tombe comme une massue sur le coin de la tête et bouleverse une vie.

Et même plusieurs.

En effet, ce diagnostic engendre des conséquences que l’on ne peut ignorer :

  • Prise d’un traitement à vie
  • Nécessité d’un suivi également à vie
  • Nécessité de vigilance à son hygiène de vie

Et si cette dernière paraît finalement comme une bonne chose, les deux premières le sont beaucoup moins.

La recherche d’un traitement adapté s’apparente effectivement à une croisade durant laquelle la personne bipolaire en paye le prix fort : effets secondaires, efficacité parfois douteuse, longue attente pour trouver le bon et en voir les résultats positifs.

Durant cette période, parfois interminable, le malade peut fortement désespérer et souvent, se sentira dépassé par ce qui lui arrive.

C’est le lot de chaque bipolaire.

Dans cet article, nous allons voir comment le diagnostic peut influer sur la vision des symptômes déjà préexistants mais aussi comment celui-ci peut à lui seul créer une nouvelle dynamique et même être vue comme une bonne chose.

Errance médicale, recherche du bon traitement, arrêt du traitement, non acceptation de la maladie ; je suis passé par toutes ces phases, souvent longues et douloureuses.

À l’issue de cette lecture, j’ai pour espoir que vous ayez assez d’éléments entre vos mains pour comprendre, être conscient et accepter cette maladie.

Et si je suis aussi sûr de moi dans le fait que cet article peu vous aidez, c’est que j’ai moi-même vécu toutes ces difficultés.

Aujourd’hui, je ressors grandi de ces challenges auxquels la vie nous confronte et l’idée serait que vous aussi, vous puissiez tirer parti de ce handicap.

Pour cela, je vous propose 4 étapes afin de parvenir à un vrai résultat : celui de vivre pleinement avec la maladie.

Alors allons-y, entrons dans le vif du sujet !

« Il est très important de se rendre compte que le diagnostic et son acceptation constituent 60% du chemin de la guérison. »

 

1 : Le questionnement

Avant d’être diagnostiqué bipolaire, l’errance et l’ignorance est totale.

Bien souvent, nous n’avons même pas connaissance de l’existence de cette maladie et l’on se dira toujours que cela n’arrive qu’aux autres.

Malheureusement, tout peut arriver et à tout le monde.

Aujourd’hui, si vous lisez ces lignes, peut être êtes-vous déjà diagnostiqué bipolaire ou peut-être vous posez-vous la question.

Que vous soyez dans l’un ou l’autre des cas, il convient néanmoins de se poser les bonnes questions et de se tourner vers les bonnes personnes pour y trouver les réponses les plus pertinentes.

Iriez-vous chez votre boulanger pour lui demander de réparer votre voiture ?

Il serait effectivement plus judicieux de se renseigner auprès de votre garagiste qui sait diagnostiquer et réparer cette dernière.

Pour la bipolarité, c’est la même chose.

Afin de trouver un expert, il faut se renseigner au bon endroit.

Certaines personnes ayant des problématiques de l’humeur non diagnostiquées se tournent en premier lieu vers les médecines naturelles ou des pratiques spirituelles particulières.

Ne contestant pas leur efficacité dans bien des cas, en ce qui concerne la bipolarité, je fais parti de ceux qui pensent que la médecine traditionnelle est la plus à même de solutionner rapidement la problématique.

Si ce n’est pas votre cas, je vous invite à vous poser ces quelques questions :

  • Les solutions naturelles ont-elles résolu mes problématiques ?
  • Les symptômes ont-ils évolué dans le bon sens suite à une pratique alternative ?
  • Sur le long terme, serait-il possible de se passer d’un suivi médical ?

Ces questions ne sont pas là pour mettre des bâtons dans les roues des méthodes alternatives.

Je vous invite à y répondre sincèrement afin de vous orienter vers ce qui vous correspond le plus.

Une réponse sincère à un bon questionnement peut véritablement faire la différence dans l’orientation du suivi des personnes atteintes par un trouble bipolaire.

Et sachez que ce n’est pas un hasard si certains sophrologues, énergéticiens ou autres n’acceptent pas les personnes avec une pathologie psychiatrique.

Souvent, c’est par expérience.

Cependant, je pense qu’il faut savoir écouter ses propres voies intérieures et se laisser guider par elle.

Si celles-ci vous orientent vers telle pratique plutôt qu’une autre, c’est que vous avez quelque chose à y apprendre.

2- la prise de conscience du diagnostic bipolaire

Cela vous est-il déjà arrivé ?

Vous faites des choix qui vous amènent à certains résultats et puis soudain, vous prenez conscience de la situation : ce n’est pas ce vous vouliez au départ.

Cette prise de conscience permet alors de vous recentrer et reprendre la bonne direction.

Prendre conscience d’une problématique, quelle qu’elle soit, c’est déjà avoir parcouru la moitié du chemin.

Pour la bipolarité, c’est la même chose.

Prendre conscience que l’on est malade et que l’on à besoin d’aide pour s’en sortir, c’est déjà avancer d’un grand pas vers la stabilisation.

Car qu’on se le dise, le graal d’un bipolaire, c’est une stabilisation à long terme.

Cependant, existe-t-il un moyen d’optimiser cette prise de conscience pour en tirer le maximum de bénéfice ?

Oui.

Et c’est plus simple que ce que vous imaginez.

En effet, le meilleur moyen de rendre une prise de conscience optimale, c’est d’en parler autour de soi et d’être transparent.

Bien sûr, cela ne se fait pas avec n’importe qui. Choisissez une personne de confiance qui sera à votre écoute et qui vous laissera vous approprier cette prise de conscience sans jugement.

Cela peut être un parent, votre conjoint(e), un psychiatre, un psychologue, un coach etc…

En parler va d’autant plus vous être bénéfique que cela vous fera avancer dans votre réflexion et sur les solutions possibles à votre problématique.

Effectivement, par exemple, c’est en discutant de ma bipolarité à mes amis que j’ai pris conscience que j’avais un pouvoir sur elle et que c’est moi qui décide jusqu’où cette maladie a du pouvoir sur moi.

Les prises de consciences peuvent se faire à tout moment et pas uniquement lors de la découverte de la maladie.

Vous en aurez de nombreuses et chacune d’entre elles vous permettra de vous remettre sur votre chemin.

3- La découverte

C’est souvent une rude épreuve que de découvrir que l’on est atteint par un trouble bipolaire.

Comme je le disais plus haut, c’est souvent un coup de massue auquel on ne s’attendait absolument pas.

Cependant, selon vous, la découverte de ce diagnostic est-il une bonne ou une mauvaise chose ?

Si vous pensez que c’est une bonne chose, je vous invite à décrire toutes les raisons pour lesquelles c’est le cas.

Si vous pensez que non, je vous invite à faire la même chose. Répertoriez toutes les raisons pour lesquelles vous pensez que c’est une mauvaise chose.

Une fois ce listing établi, essayez de trouver au moins trois raisons pour lesquelles le diagnostic pourrait être une bonne chose pour vous.

Cela peut être :

  • Savoir pourquoi on ne se sent jamais bien
  • Mettre un nom sur son mal-être
  • Avoir la possibilité de trouver un traitement adapter
  • Comprendre davantage la maladie
  • Avoir des moyens d’actions concrets sur elle

Essayez de creuser un peu.

Maintenant que vous avez cela, je vous pose une question :

Pensez-vous qu’il existe une personne pour qui ce diagnostic a pu être une délivrance pour elle ?

Si oui, quelle en pourrait être la raison ?

Si je vous pose toutes ces questions ce n’est pas pour vous embêter ou vous forcer à avouer qu’il y a un bénéfice au diagnostic établi.

Non.

C’est avant tout pour que vous intégriez le fait que tout est une question de perception.

Chaque chose que nous vivons dans notre vie peut être perçue de différente manière. Et finalement elle sera perçue d’autant de manière qu’il existe de personnes sur terre.

Car chacun, dans une situation identique, réagira différemment.

Mais ce qui est intéressant, c’est de se demander pourquoi, à situation identique, l’une en fera une opportunité et l’autre un obstacle insurmontable.

Encore une question de perception.

C’est simplement due au fait que celle pour qui c’est un obstacle insurmontable n’arrive pas encore à voir tout ce que cela à engendrer comme positif.

En quoi découvrir que l’on est bipolaire est positif ?

Par exemple, dans mon cas, cela a été plus difficile de trouver un travail adapté. Cependant, cela m’a facilité l’ouverture des portes de ces mêmes travaux qui ne me correspondaient pas.

Un autre exemple : N’ayant pas de travail stable, je n’ai pas vraiment de salaire. Mais, j’ai aujourd’hui l’AAH qui me permet d’avoir le temps de rechercher exactement ce qui me correspond.

Les deux côtés font parti de la même pièce.

Il faut juste savoir la regarder correctement.

4- Le soulagement

Imaginez, toutes les personnes de cette planète sont atteintes d’un trouble bipolaire.

Imaginez maintenant que vous fassiez partie des 5 % des personnes qui ont le moins de symptômes.

Vous vous sentiriez chanceux n’est-ce pas ?

Et bien c’est un peu le cas si on y réfléchi bien :

Aujourd’hui, vous êtes diagnostiqué, vous êtes peut-être suivi et vous avez sûrement déjà essayé pas mal de traitements pour vous stabiliser.

Maintenant, sachez que 40 % des personnes atteintes d’une dépression seraient en réalité bipolaire.

En France, c’est environ 9 millions de personnes qui souffrent de dépression.

Il y aurait donc potentiellement environ 3,5 millions de personnes bipolaires non diagnostiquées en France. (Les chiffres sont variables selon les sources.)

Savez-vous à quel point il est compliqué de soigner une maladie dont on ne sait même pas qui elle est ?

C’est comme ci on demandé à un chirurgien de nous opérer alors qu’il n’a pour seule information que vous avez mal à un organe.

Aujourd’hui, si vous êtes diagnostiqué, sachez que c’est une opportunité.

L’opportunité d’avancer réellement vers son rétablissement, la stabilisation

L’opportunité de travailler concrètement sur ce qui fonctionne : hygiène de vie, entourage, suivi etc…

L’opportunité de mettre des mots et des explications sur ce que vous vivez au quotidien.

L’opportunité d’être enfin compris par vos proches et par d’autres qui vivent la même chose que vous.

Le diagnostic est une porte ouverte à une multitude d’opportunités.

Conclusion

Tout au long de cet article nous avons vu les différentes étapes qui peuvent mener à l’acceptation de la bipolarité.

Nous avons également vu quelques moyens pour faciliter et accélérer cette acception et donc, finalement, le soulagement du diagnostic bipolaire.

Selon moi, il est très important de se rendre compte que le diagnostic, comme cela a été le cas pour beaucoup de personnes, est une bonne chose et constitue 60% du chemin de la guérison.

Alors certes, ce n’est pas simple à vivre mais le résultat, par la suite, peut être extraordinaire si l’on sait quel chemin emprunter.

Et vous montrer le chemin qui vous correspond est notre but, notre mission de vie, alors n’hésitez pas à nous partager vos difficultés en commentaire ou par message.

Vous avez également la possibilité de télécharger deux guides gratuits sur la confiance en soi et l’atteinte de ses objectifs, le tout en lien avec la bipolarité :

https://viensonchange.fr

à très vite

Julien

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